| Voyage au Burkina
Faso Cette année, départ sans encombres
le lundi 30 juillet et arrivée à Ouagadougou à
3 heures du matin. Là, nous guettions le comité
d’accueil prévu, les rires, les « Bonne arrivée
! »… mais nous sommes restés tous les cinq
sur le parking avec nos 100 kg de bagages, entourés de
chauffeurs de taxis voulant à tout prix nous emmener.
François Lokoandé qui devait nous accueillir avec
ses amis nous attendait tout simplement la nuit suivante ….
Sans doute, le quart d’heure africain.
Mardi 31, départ pour Tambaga à environ 500 km
à l’est, près de la frontière du
Niger. Nous avons pris nos précautions pour partir tôt
et arriver avant la nuit. Mais c’était sans compter
sur une crevaison puis sur les intempéries. En effet,
c’est la saison des pluies et à une trentaine de
km de Tambaga, nous avons dû rebrousser chemin. Il avait
plu tellement fort et abondamment que la piste était
impraticable et que nous avions l’impression étrange
de remonter le courant d’une rivière.
Ce n’est donc que le mercredi 1er août que nous
sommes arrivés dans notre village en apportant médicaments,
vêtements pour enfants… Et à partir de ce
moment, ce ne fut que visites, rencontres toutes plus chaleureuses
les unes que les autres. Nous avons surtout beaucoup travaillé
puisque nous avons pu rencontrer tous nos partenaires.
Tout d’abord,Christophe Yonli et Honorine Oboulbiga qui
gèrent les parrainages. Ils nous ont donné de
nombreux bulletins scolaires, nous ont présenté
les comptes qui sont extrêmement rigoureux. Puis nous
avons réuni toutes les filleules qui étaient au
village ; nous les avons photographiées ce qui nous a
permis d’envoyer aux parrains concernés photo et
éventuellement courrier.
Puis ce fut le tour de l’association de femmes : réunion
très chaleureuse, pleine de rires, après l’eau
de bienvenue à l’ombre d’un grand arbre.
Elles sont 12 dans l’association qui se sont d’abord
lancées dans la restauration avec vente de riz mais la
femme qui cuisinait a accouché et l’activité
ne rapportait pas assez. Elles ont alors cherché des
activités plus lucratives et se sont décidées
pour la fabrication de dolo (une bière locale). Elles
ont acheté le mil et le matériel avec les bénéfices.
Elles s’installent sur une petite place du village et
vendent une fois par semaine à tour de rôle.
Elles ont élu un bureau et se sont constituées
en 3 groupes, chaque groupe a un cahier tenu par 2 responsables
sur lequel elles notent précisément ce qu’elles
vendent. François Lokoandé (l’abbé
de la paroisse) garde les cahiers en attendant qu’elles
le fassent elles-mêmes ce qui ne saurait tarder. Elles
se rencontrent régulièrement pour partager et
réfléchir à de nouveaux projets .
Nous avons aussi visité le centre de formation couture
/tissage et rencontré les formatrices et le gardien que
nous rémunérons. Le centre est utilisé
par alternance. ( même pendant les vacances) Les femmes
tiennent un cahier de présences et au vu de ces cahiers,
elles font preuve de régularité. Elles se forment
mutuellement, ont elles-mêmes acheté les tissus
et les fils qui leur plaisaient et sont arrivées à
écouler le gros de leur production. Restent cependant
des pagnes tissés. Des pagnes en coton ne seraient pas
rentables étant donné qu’on en trouve maintenant
à un prix dérisoire qui viennent du Qatar !
Elles ont ce qu’il faut pour redémarrer en novembre,
les machines ont été révisées et
sont entreposées à l’abri de la pluie et
de la poussière. Elles ont une caisse commune qui est
utilisée en cas de besoin.
Outre la formation couture et tissage, elles ont cotisé
pour recevoir une formation en alphabétisation et en
vie sociale.
L’économe du collège nous a également
reçus : il nous a donné tous les justificatifs
prouvant que notre action en faveur de la cantine a été
très efficace. Les parents d’élèves
nous ont d’ailleurs invités à un pot agrémenté
de brochettes particulièrement savoureuses.
La veille de notre départ, nous avons organisé
des jeux dans la cour de la mission où nous étions
hébergés. Nous avions apporté des billes,
des ballons, de la pâte à modeler, des cordes à
sauter… et une centaine d’enfants sont venus faire
éclater leur bonheur.
C’est donc un peu tristes mais en même temps satisfaits
que nous avons quitté Tambaga. Tristes de quitter ces
gens qui n’ont rien et qui nous donnent tant. Satisfaits
parce que nous avons pu constater que ce que l’association
Yennega a entrepris fonctionne bien, que les comptes sont clairs
et que les gens du village se sentent aidés et non assistés.
Après une journée de voyage, nous sommes
rentrés à Ouagadougou pour nous rendre le mardi
8 août vers le village de Méguet où nous
avons assisté à une rencontre en présence
de parents d’élèves, du maire, du représentant
des parrainages, du préfet, du chef du village, de représentantes
des femmes et des élèves.
Là encore, ce fut une rencontre ouverte, intéressante
et enrichissante.
Toutes les filleules parrainées passent en classe supérieure
et nous avons rapporté de nombreux courriers qui vont
parvenir aux parrains.
L’association des femmes est particulièrement dynamique
; elles pratiquent essentiellement deux activités : le
commerce et l’élevage (une cinquantaine de cochons).
Les remboursements de microcrédits se font régulièrement
et elles réinvestissent dans l’une ou l’autre
activité.
Elles veulent entreprendre une formation de fabrication du savon
; le capital acquis ne suffisant pas, elles nous donnent un
devis qui sera étudié au prochain CA.
Le maraîchage va repartir puisque le barrage est réparé.
L’aide à la cantine devrait aussi fonctionner la
prochaine année scolaire comme cela a été
fait à Tambaga.
Après cette réunion, le maire, Pierre Kaboré,
nous a reçus dans la mairie puis nous avons été
conviés à repas collectif et chaleureux chez lui.
A l’issue de ce repas, les parents d’élèves
sont venus nous offrir à chacun un cadeau personnel.
La journée fut donc constructive. L’association
Yennega avait des problèmes de communication avec ce
village et nous avons été mutuellement satisfaits
des échanges que nous avons pu avoir. Nous avons dissipé
les malentendus et éclairci la situation.
Après tous ces jours de « travail », nous
nous sommes offert quelques jours de tourisme : Bobo-Dioulasso,
les cascades de Banfora, les pics Sindou et le village de Tiébélé
aux cases décorées par les femmes. Nous avons
découvert un Burkina vert, avec des rizières,
des champs de canne à sucre, une végétation
parfois luxuriante.
Malgré la chaleur humide, les piqûres de moustiques
… et les ennuis intestinaux, notre séjour au pays
des Hommes Intègres s’est donc bien déroulé
et le 14 août nous avons retrouvé la fraîcheur
marnaise, la pluie , mais sans les moustiques.
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