Résumé du voyage
Anne-Marie et Gérald Chapput, Aline, Claudine et Michel Demarle
Eté 2009

Mardi 28 juillet 2009, très tôt le matin, nous sommes sur le pied de guerre, bien décidés à partir rapidement pour rejoindre Tambaga. Notre chauffeur, Saïdou, nous attend dans un véhicule qui ne semble pas de première jeunesse mais « il n’y a pas de problème », nous assure le loueur. Paperasseries, change de notre argent, vérification huile et pneus, embouteillages : c’est déjà le milieu de la matinée quand nous quittons Ouagadougou…

Et à 14 heures, nous sommes dans la cour de la gendarmerie de Fada. En effet, on nous a dit que des coupeurs de route sévissaient entre Fada et Kantchari et qu’il était plus prudent de se faire escorter. Malheureusement pour nous, l’escorte est partie à midi, l’autre repart à 16 h, beaucoup trop tard pour nous. Mais si nous voulons, il suffit de payer 150 000 CFA (230 €) et nous avons notre protection particulière ! Nous expliquons alors que nous sommes membres d’une petite association, que nous voyageons sur nos propres deniers, que c’est une somme importante etc… Et après discussion avec notre chauffeur, nous décidons de partir. Les 150 km qui séparent Fada n’Gourma de Kantchari se font alors dans une inquiétude certaine : nous guettons, silencieux, les virages dans lesquels il faut ralentir, les bosquets, les quelques voitures qui nous dépassent. Ce serait quand même bête d’être dépouillés avant d’arriver. Mais voilà Kantchari avec son policier zélé qui veut tous nos passeports, qui nous retarde encore. Et c’est à la nuit presque tombée que notre chauffeur, contre son gré, repart vers Diapaga où nous sommes soulagés d’arriver après un trajet sur une piste rendue difficile par les pluies.

Ce n’est donc que le lendemain en fin de matinée
que nous arrivons à Tambaga.
Nouveau problème :
où nous loger ? Nous avions prévu un hébergement
mais pas de lumière et cuisine dans un état si
poussiéreux que nous renonçons à la nettoyer.
Il y a bien un autre endroit possible mais sans eau !
Après réflexion, nous resterons donc ici,
prendrons nos repas à la mission en compagnie
de Théophile Tindano et …
nous nous coucherons tôt.

Les jours s‘enchaînent ensuite rythmés par  les pluies parfois violentes et les rencontres avec le maire du village, le préfet,
le chef, nos correspondants sur place, plus précisément  Christophe Yonli et Honorine Oboulbiga, responsables des parrainages,
l’association de femmes et celles du centre de formation.
Lors d’une réunion avec les filleules, nous revenons plus particulièrement sur le respect de la charte : elles doivent travailler, écrire au moins deux fois dans l’année à leur parrain.Deux ont réussi au baccalauréat et vont entrer à l’université. Mais certaines, au vu de leur bulletin, sont exclues, d’autres ont une dernière chance : elle se doivent de progresser cette année. Dans le cas contraire, leur parrainage sera attribué à une plus jeune et plus volontaire
L’association des femmes se porte bien et s’est agrandie : un groupe fait de la « restauration » et vend du dolo (bière artisanale) ; un autre extrait de l’huile avec du matériel acheté par l’association. Au centre de formation, deux ateliers poursuivent leur activité : tissage ou couture. Les femmes vendent leur production et six d’entre elles ont pu se mettre à leur compte.
Nous rencontrons l’accoucheuse à la maternité et faisons un état des lieux pour une aide éventuelle. Nous rencontrons également le proviseur et l’économe du lycée qui nous donnent le bilan de l’aide à la cantine.
A chaque fois, nous pouvons constater les résultats de l’action de Yennega. Cela se voit surtout avec les femmes qui ont acquis une certaine autonomie.
Nous avons pu participer un peu à la vie du village et pendant ce court séjour, comme les autres fois, nous avons été émus par la générosité de ces gens qui ne font qu’un repas par jour et qui nous ont offert des œufs, des volailles pour nous remercier.
C’est donc avec une légère tristesse que nous quittons Tambaga mais de nouvelles aventures nous attendent
. D’abord, la voiture ne démarre pas. Heureusement, le providentiel Théophile, avec le seul véhicule du village nous tracte et au bout de quelques efforts, nous partons. Ensuite, nouvel arrêt : notre chauffeur a une crise de paludisme.... Nous sommes en pleine nature ; allons-nous redémarrer ? Ouf, tout va bien et en milieu d’après-midi, nous arrivons à Namoungou où nous attend Bruno Soubeiga, avec lequel nous avons créé l’association.
Le lendemain matin, attirés par le nom de Gorom-Gorom et son marché, nous décidons de nous offrir deux jours de tourisme. Les pistes sont praticables et Saïdou est content de rouler car à Tambaga nous n’avons pas eu à sortir du village. Mais le « véhicule fiable » ne démarre pas ! Garage, « ce n’est pas grave, il y en a pour une heure ! » Midi : « c’est l’embrayage, on n’a pas la bonne pièce, elle va arriver… demain matin. ». Nous prenons notre mal en patience, presque heureux d’être en panne ici plutôt qu’en pleine brousse ; nous en profitons pour visiter la ville, et même pour rencontrer au hasard des rues … le prince de Fada !
Deuxième jour : « il faut une autre pièce » Ras le bol ! Coup de téléphone au loueur « pas de problème, je vous envoie un autre véhicule pour midi ». Nouvelle attente. Soudain, surprise, notre véhicule est réparé mais il nous faut payer la facture ! En tout cas, le tourisme, c’est fini !
Nous prenons alors la route pour Méguet où nous attend Alain Kaboré qui nous accueille chaleureusement et se montre disponible malgré les travaux des champs à cette période de l’année. Il nous héberge dans une maison proche de la sienne. Nous nous rendons sur le terrain du futur jardin des femmes qui sera créé avec la participation financière de Yennega, lieu magnifique en cette saison des pluies. Alain nous explique que les forages doivent d’abord être faits et que cela n’est pas facile dans cette région proche du Sahel. La soirée, très conviviale, se passe avec Alain et son épouse.
Et le lendemain, journée chargée : visite des mines d’or, rencontre avec l’association des femmes, avec les filleules, avec les religieuses, visite de la savonnerie, du marché et repas avec le maire, Pierre Kaboré.
L’association des femmes est toujours aussi dynamique : fabrication de savons, petit commerce, élevage et elles pourront l’année prochaine commencer le maraîchage. Nous voyons les comptes particulièrement bien tenus et le matériel que nous avons acheté en parfait état.

Nous rencontrons aussi les filleules, en présence de nombreux pères, et nous leur tenons le même discours qu’à Tambaga. Nous sommes reçus par les religieuses qui forment des jeunes filles à la couture et à la broderie et nous envisageons une aide éventuelle.
Les gens de Méguet sont déçus que nous ne restions pas plus longtemps. Nous le regrettons aussi mais nous rappelons que Yennega intervient sur deux villages, que personne d’autre que nous ne va à Tambaga, (et nous n’y allons que tous les deux ans), que d’autres membres de l’association vont venir dans les mois suivants.

Et c’est le retour sur Ouaga
où nous passons deux jours environ
à acheter l’artisanat que nous allons
rapporter et vendre au profit de l’association.
Notre séjour est terminé, nous avons vaincu
les coupeurs de route, les pannes de voiture,
les moustiques, les ennuis intestinaux,
les pluies et les pistes difficilement praticables,
la chaleur moite ….


Nous n’avons fait que travailler pour
l’association mais
nous sommes heureux des résultats.....

Encore un grand merci à nos bénévoles (Anne-Marie et Gérald , Aline, Claudine et Michel ) qui prennent sur leurs temps libre et leur vacances pour aller à la rencontre des familles de ces 2 villages.


Reproduction interdite sans l'autorisation des auteurs.

haut de page